Projets :

Le myélome multiple (MM) est une hémopathie maligne caractérisée par une prolifération de cellules plasmocytaires, avec un taux d’incidence d’environ 5/100 000 en Europe. Ces dix dernières années, les options de traitement ont considérablement augmenté grâce à de nouveaux agents thérapeutiques qui, utilisés seuls ou en combinaison, ont le potentiel d’obtenir une meilleure réponse et un allongement de la survie. Malgré cela, le MM reste une maladie incurable, qui représente environ 20% des décès par tumeurs malignes hématologiques. Les événements génétiques conduisant à la transformation des plasmocytes sont complexes et partiellement compris. Au cours des cinq dernières années, nous avons exploré le génome de cellules de myélome provenant de patients à différents stades de la maladie.
Nos principales réalisations ont été (1) la caractérisation des anomalies chromosomiques récurrentes (à l’échelle du génome entier) et des mutations somatiques récurrentes (à l’échelle de l’exome) chez les patients, (2) la découverte de réarrangements chromosomiques massifs (chromothripsis) chez certains patients à risque, (3) la démonstration de l’évolution complexe des sous-populations de cellules cancéreuses chez un individu sous la pression de traitement aboutissant à une meilleure compréhension des mécanismes de résistance (4) une définition des patients à haut risque sur la base de paramètres génomiques, génétiques et biocliniques dans le contexte de nouveaux médicaments.
Bien que de nombreux types de lésions génétiques (translocations, délétions homozygotes, hétérozygotes, amplifications, mutations ponctuelles) aient été identifiés ces dix dernières années, ils n’expliquent pas complètement les mécanismes moléculaires de rechute et ne fournissent pas une classification pronostique suffisamment robuste pour mettre en œuvre une stratégie thérapeutique adaptée au risque. Nous émettons l’hypothèse que des modifications épigénétiques contribuent aussi au phénotype agressif des MM chimiorésistants et qu’il y a une influence mutuelle entre les altérations génétiques et les modifications épigénétiques. De même, les altérations génétiques dans les régions codantes n’expliquent pas à elles seules les processus oncogéniques qui façonnent le transcriptome des cellules malignes, il est par conséquent essentiel d’identifier et d’étudier les régions régulatrices altérées.
Notre effort de recherche pour les cinq prochaines années est de (1) poursuivre notre travail de génomique fonctionnelle en collaboration avec Dana Farber Cancer Institute, (2) étudier l’épigénome et notamment l’analyse de la variabilité inter- et intra-patients de la méthylation de l’ADN au diagnostic et à la progression, (3) cartographier et caractériser les régions cis-régulatrices modifiées par le remodelage de la chromatine au cours du développement de la maladie afin d’étudier les programmes transcriptionnels spécifiques responsables de l’oncogénèse et /ou de la progression tumorale, (4) de développer une approche computationnelle en biologie des systèmes pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour MM.
Notre but ultime est d’identifier et de caractériser les changements génétiques et épigénétiques promoteurs de tumeur chez les patients atteints de MM au cours du développement de leur maladie, afin de définir une thérapie adaptée au risque qui relie les variants génomiques et épigénomiques au phénotype clinique.

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Personnes :

Stéphane Minvielle, DR CNRS
Eric Letouzé, DR Inserm

Florence Magrangeas, Autre_Ch
Philippe Moreau, PU-PH
Loïc Campion, PH

Catherine Guérin-Charbonnel, IE
Magali Devic, TR
Elise Douillard, TR
Nathalie Roi, TR
Victor Gaborit, IR

Anthony Ozier-Lafontaine, Doctorant
Jonathan Cruard, Doctorant

Publications principales :

  • Stéphane Minvielle
  • Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Intégrée Nantes Angers
  • Institut de Recherche en Santé de l'Université de Nantes - 8 quai Moncousu - BP 70721 - 44007 Nantes cedex 1
  • 02 28 08 03 70
  • stephane.minvielle@chu-nantes.fr