Projets de recherche

La sénescence est un mécanisme suppresseur de tumeur induit en réponse aux oncogènes ou à la chimiothérapie qui entraine théoriquement un arrêt définitif de la division cellulaire. Ces cellules ne sont cependant pas neutres car elles influencent leur environnement par leur sécrétome (ou SASP), celui-ci présentant des effets suppresseurs ou à l’inverse oncogéniques. Des doutes sont apparus sur la valeur de ce mécanisme suppresseur car des données récentes publiées par plusieurs laboratoires dont le notre montrent que certaines cellules échappent à la sénescence et deviennent plus agressives. La présence de cellules sénescentes dans l’environnement tumoral augmente l’agressivité, par exemple via la génération de cellules souches et de l’EMT. D’autre part, la sénescence médiée par la chimiothérapie est généralement incomplète puisqu’elle cible des cellules cancéreuses où ses médiateurs sont au moins partiellement inactivés. Cette réponse est donc hétérogène et dans certains cas elle devient une adaptation oncogénique. Caractériser les cellules capables d’échapper à cette suppression, comprendre l’hétérogénéité de la sénescence et ses effets délétères sont des questions majeures du domaine.
Nos travaux visent donc à caractériser cette hétérogénéité de la sénescence et à comprendre les mécanismes d’échappement, en proposant en particulier que cet échappement pourrait dépendre de facteurs solubles sécrétés par la tumeur. Pour cela, deux axes sont développés, soit de recherche translationnelle, soit de recherche plus fondamentale, à partir de modèles de cancers du colon, mammaires ou de cellules primaires :
1. Par des approches de protéomique quantitative, nous cherchons à identifier à partir de prélèvements de patients des facteurs impliqués dans l’échappement et la résistance. Un critère important est de pouvoir détecter ces marqueurs par de simples prises de sang, soit pour améliorer le diagnostic soit pour pouvoir prédire la réponse à la chimiothérapie.
2. D’un point de vue plus fondamental, nous cherchons donc à comprendre les mécanismes d’échappement à la sénescence induite par les traitements. Notre hypothèse est que certains facteurs solubles et leur récepteurs produits par les cellules cancéreuses jouent un rôle important dans la reprogrammation de sous clones spécifiques qui utilisent la sénescence comme un mécanisme d’adaptation pour devenir plus agressifs et reconstituer une population tumorale hétérogène. Nos travaux visent donc à caractériser cette hétérogénéité des populations sénescentes.

Personnes

Olivier Coqueret, PU

Catherine Guette, DR
François Guillonneau, CR
Daniel Pouliquen, CR
Eric Lelièvre, MCF
Géraldine Leman, MCF
Véronique Verriele, PH
Isabelle Valo, PH
Pedro Raro, PH
Anne Pastouris, PH

Alice Boissard, TR
Cécile Henry, TR
Bertrand Toutain, IE
Louisa Vergory, IR

Hugo Coquelet, Doctorant

Publications principales